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IRAN (Nord-Est)

Damghan - Bastam - Gonbad-e-Gavus - Bojnurd - Bajgiran

 

23 avril 2009 - Téhéran - Damghan

La séparation avec nos mères/grand-mères n'est pas très réjouissante et nous écourtons ce moment pour ne pas trop nous couper le souffle. Nous devons repartir dès aujourd'hui vers l'est car l'entrée au Turkménistan ne se fait pas facilement : nous avons rendez-vous le 27 avril à 11h très précisement du côté turkmène de la frontière date à laquelle commence impérativement notre visa. Nous ne pouvons évidemment pas le manquer, sans quoi notre entrée s'avèrerait plus difficile (demander un visa de transit à Téhéran?), et une véritable visite du pays impossible. Le Turkménistan est un peu la porte d'entrée obligatoire pour qui veut se rendre en Asie centrale par la route sud car les autres frontières qui bordent le pays et qui permettent de poursuivre la route ne sont pas vraiment accueillantes : Afghanistan et Pakistan...
Pour leur dernière journée, Diane et Frédérique s'en vont visiter plusieurs musées de Téhéran, toujours accompagnées de Majid, tandis que nous nous engageons dans les embouteillages pour sortir de la ville. La route est assez chaotique mais devient de plus en plus belle au fur et à mesure que nous nous éloignons. Nous longeons par le nord une steppe désertique et salée et traversons plusieurs barrières de montagnes arides et ensablées pour rejoindre la ville de Damghan, petite oasis dans la plaine. L'ambiance y est plutôt jeune et sympathique. Depuis notre départ de Téhéran, la première question qu'on nous pose est si nous sommes sur la route de Mashhad. Nous ne nous y rendons pas et cela suscite beaucoup d'incompréhension, comme si le nord-est de l'iran était tout entier dévolu à acheminer touristes et pélerins dans la ville sainte!

24 avril 2009 - Damghan - Bastam

La ville de Damghan, située sur une des routes de la Soie, recèlerait la plus vieille mosquée d'Iran, épargnée par les destructions massives de Genghis Khan et Tamerlan à sa suite. Le minaret nous guide comme le ferait un phare. A son approche, on découvre que ses motifs géométriques en briques sont en fait de l'écriture coufique. Nous ne trouvons pas d'entrée car il ne reste de la mosquée Jameh que son minaret ! En interrogeant les habitants, un homme nous introduit dans une cour pour nous montrer une salle de prière souterraine. La pièce est vaste mais bien fraîche. Ses piliers réguliers sont soutenus par des voûtes qui conduisent le moindre son plus clairement que de la bouche à l'oreille ; magie de l'architecture ! Dans un terrain vague, nous trouvons une tour au dôme arrondi, ravissant travail en briques datant du XIe. siècle. Nous ne sommes toujours pas certains que nous ayons vu la doyenne des mosquées d'Iran, le plan du guide que nous avions emporté est franchement mauvais et nos connaissances du farsi (persan) -remarquablement limitées après un mois dans le pays -ne nous permettent pas de recevoir beaucoup d'aide. Il faudrait vraiment que les guides de voyage indiquent le nom des lieux d'intérêt touristique selon leur nom usuel dans la langue locale, ça faciliterait les choses...


Bastam est un village situé à une cinquantaine de kilomètres dont les rues sont bordées de grands platanes. C'est très calme et nous nous joignons aux locaux pour pique-niquer dans un parc où les jeux pour enfants sont légions. Chambre prise, les enfants se requiquent en siestant jusqu'à tard dans l'après-midi. Ne pouvant attendre 20h30, heure à laquelle l'unique restaurant commence son service -mais aussi pas du tout réjouis à l'idée de manger encore des kebabs accompagnés de riz blanc- nous décidons de cuisiner avec notre réchaud à gaz sur notre balcon ! Rien de tel que des spaghetti à la sauce tomate pour se sentir un peu à la maison !

25 avril 2009 - Bastam - Gonbad-e-Gavus - Bojnurd

Le rythme de voyage soutenu de ces dernières semaines n'est pas sans épargner les enfants ; de par leur fatigue accumulée, ils sont plus exposés au moindre virus et les voici un peu malades. Sans gravité mais nous les surveillons de près.
Visite du monastère datant du XIIIe siècle qui abrite une mosquée à l'atmosphère très studieuse, ornementée de belles fresques et stucs travaillés. Appareil photo dégainé, le vieux du lieu nous interdit aussi sec de prendre la moindre photo. Le complexe comprend un mausolée plus tardif au toit pointu et une tour funéraire mongole.


Nous prévoyons justement de faire un détour sur notre route pour aller voir une autre tour funéraire qui domine la plaine du haut de ses 55 mètres. Pour atteindre la ville de Gonbad-e-Gavus au nord, nous quittons la plaine asséchée, parsemée de caravansérails délabrés pour franchir un col et plonger dans un autre monde : à l'approche du point culminant, nous pénétrons une épaisse nappe de brouillard qui masque la route défoncée et un peu vertigineuse. La descente nous projette dans des vallées verdoyantes où nous suivons le lit desséché d'un fleuve qui a autrefois creusé ces monts boisés. Et puis au détour d'un virage, la plaine fertile. La mer Caspienne n'est pas loin ; on pourrait se croire en Camargue, voire en Isère par moment. Tout ce vert est rafraîchissant et revigorant. La nature nous transmet une nouvelle énergie qui nous faisait défaut. L'arrêt à Gonbad est un peu décevant ; certes, la tour est haute -la légende veut que le cercueil de verre du poète et prince fut suspendu dans la coupole- mais en si bon état qu'on la croirait plutôt édifiée il y a dix ans que mille... C'est le comble! Même si elle n'est pas restaurée, son excellent état de conservation lui donne un air peu authentique... En plus Arthur ne profite même pas de la pause pour se défouler un peu dans le parc environnant car il est profondément endormi dans la voiture. Nous continuons notre chemin vers l'est en vue de trouver un campement quand, sortis d'une vallée boisée de chênes touffus, nous rencontrons un couple d'autrichiens qui voyagent vers l'est à vélo jusqu'à Singapour. C'est la première fois que nous rencontrons des voyageurs au long cours depuis notre départ. Peut-être recroiserons-nous Kathi et Sandro en Ouzbékistan ? Le vent froid et tempétueux qui s'est levé et l'état des enfants qui sont afaiblis nous découragent pour le camping et nous poussons une heure encore jusqu'à Bojnurd, dernière ville avant notre passage de la frontière. L'hôtel est absolument sordide et nous renonçons à la douche !

26 avril 2009 - Bojnurd - Bajgiran

Une centaine de kilomètres nous sépare maintenant du Tukménistan. Nous voulons ranger un peu la voiture avant le passage de la frontière. Dans la montée du Kopet Dag, très belle chaîne de montagne qui sépare les deux pays, vers le poste de Bajgiran, nous nous arrêtons dans la nature pour pique-niquer et passons l'après-midi à réorganiser. Une pluie passagère choisi le moment où toutes nos affaires sont sorties pour les arroser...
La montée est magnifique dans la lumière du soir et notre excitation est grandissante. Nous ne savons pas encore où nous passerons la nuit mais nous nous rapprochons le plus possible pour être dans les bureaux iraniens dès l'ouverture. Des militaires nous arrêtent au village frontière et nous enjoignent à ne pas poursuivre plus loin sous peine d'ennuis. lls nous désignent un hôtel à cent mètres qui est plus propre que celui de la veille. Agréable surprise. Les autres clients, en attente comme nous, joueront aux cartes tard dans la nuit alors que nous nous effondrons dans nos lits respectifs. Le réveil va sonner très tôt demain matin.

 

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