OUZBEKISTAN
Nukus - Khiva - Ayaz Kala - Boukhara - Shakrisabz - Bashir - Samarcande - Tashkent
La douane Turkméno-Ouzbèke a un peu mauvaise réputation en Asie centrale et parmi les voyageurs : des agents ouzbèkes tâtillons, voire zélés... Pour notre part, nous n'avons pas eu à nous plaindre grâce, sans doute, aux circonstances dans lesquelles nous nous sommes retrouvés... En effet, franchir une douane avec des enfants à bord facilite déjà grandement la tâche. Passer la nuit en compagnie des douaniers ouzbèkes à les regarder tirer sur des pigeons au lance-pierre rend les choses plus simples encore. Imprimer des photos des douaniers mimant de conduire notre voiture achève de faire de nous l'attraction de la semaine! Finalement, notre mésaventure de la veille qui nous avait contraints à camper du mauvais côté de la barrière s'est révélée être une expérience plutôt amusante!
Certes, au moment de remplir les formalités, il y eut cet officier - absent la veille - qui a tenté de donner à la procédure des allures d'interrogatoire, mais les gloussements de ses collègues qui s'amusaient de son ton sérieux ont rendu vain son petit jeu. Après qu'ils eurent résumé les évènements de la veille, il se dérida en prenant un air plus en accord avec son visage sympathique et nous traduisit en souriant les pré-imprimés en cyrillique que nous devions remplir. Même si nous avons bénéficié de la version courte de la mise en scène douanière ouzbèke, la procédure a néanmoins duré, parce qu'Antoine a dû remplir tous les documents en double exemplaire à la main.
Nous pénétrons enfin en Ouzbékistan par une pluie battante dans la steppe désertique détrempée. La région de Nukus où nous nous rendons est une des plus défavorisées du pays et ça se voit! Deux choses attirent les touristes dans cette région semi-autonome appelée Karakalpakie : la rive ouzbèke de la mer d'Aral à 200 km au nord-ouest d'où nous nous trouvons et la fabuleuse collection Savitsky. Planté au milieu de la très glauque bourgade soviétique de Nukus, ce musée incongru dans ce paysage urbain désolé présente l'une des plus extraordinaires collections d'art de l'ancienne Union soviétique riche de 90'000 pièces qui sont exposées en rotation. Savitsky était un ethnographe et artiste qui a collectionné les oeuvres d'artistes ouzbeks mais surtout russes bannis par Moscou car non conformes au réalisme soviétique. La visite fut passionnante avec quelques très belles toiles et sculptures datant de la première moitié du XXème siècle dont les noms nous sont parfaitement inconnus. Les enfants quant à eux ont un peu subi la visite, d'autant qu'ils avaient été frustrés par l'état de délabrement du "parc" aux jeux rouillés dont le dernier entretien devait dater de l'époque de Brejnev.
La route de Khiva nous mène le long de l'Amou d'Aria (l'antique Oxus), l'un des deux grands fleuves d'Asie centrale qui alimente - ou plutôt alimentait - la Mer d'Aral. Les champs irrigués et bordés de peupliers argentés de part et d'autre de la voie sont cultivés à la main par des femmes aux robes colorées. La lumière du couchant donne à ces tableaux verdoyants des allures bibliques. Nous voguons. Les quelques check-points que nous traversons nous rasssurent: les policiers nous accueillent en souriant et nous font signe de passer en nous saluant amicalement de la main.
Arrivés à Khiva, nous contournons (non sans mal) les fortifications en pisé de la vieille ville et apercevons quelques minarets recouverts de faïences bleues. Le Bed&Breakfast familial où nous logeons est situé dans une partie encore résidentielle de la petite ville musée où une nuée d'enfants nous accueille. Ils seront les compagnons de jeux d'Arthur pour les jours à venir. A la réception, nous aurons pour interlocutrice une petite fille de 10 ans, parlant anglais, qui gère la partie administrative de l'hôtel ! (Aurions-nous découvert l'Atlantide?)
La ville entièrement rebâtie et rénovée connaît maintenant un impressionnnant afflux touristique. Dès le matin, marchands de souvenirs et d'artisanat local investissent les rues pour attendre les flots de visiteurs ouzbeks et internationaux. Très vite nous rencontrons plusieurs français dont Aurélie et Raphaël, que nous reverrons à Tashkent où ils enseignent dans le lycée français. Antoine rencontrera même une ancienne collaboratrice de Genève, voyageant en famille ! Cela ne nous ressemble pas, mais nous sommes plutôt contents d'arriver dans un lieu touristique et de discuter en français ou en anglais avec d'autres voyageurs et expatriés. Les jeunes habitants de la ville aiment aussi pratiquer leur anglais et nous invitent à entrer chez eux pour bavarder et tenter de se faire inviter en Europe.
Les bâtiments de la ville sont beaux et leurs intérieurs offrent souvent de bonnes surprises. La mosquée Jameh nous séduit par ses piliers en bois sculptés qui transforment la vaste salle en un intérieur intimiste. Grimper au sommet de son minaret relève un peu de l'escalade tant les marches sont raides, irrégulières et étroites. De plus, l'ascension se fait dans le noir complet par endroits. Mais l'effort est récompensé par une vue spectaculaire sur l'ensemble des monuments de la ville: une rue principale reliant les portes est et ouest des fortifications est bordée sur toute sa longueur par des madrasas. Au centre, se trouve la mosquée Jameh. Le reste de la ville s'articule autour d'autres mosquées et des mausolées. Les habitations sont accolées aux fortifications nord et sud. Nous nous y sentons bien, même si Khiva a tout d'un décor de cinéma: tout est un peu trop neuf et manque de vie.
Nous quittons Khiva après quelques jours reposants et nous dirigeons au nord, dans le désert. Nous avons lu qu'il s'y trouvait un lac nommé Ayaz aux alentours duquel se trouvaient plusieurs vestiges de forteresses et un campement de yourtes. Nous étions partis pour une baignade en plein désert! Sur place, nous découvrons d'assez belles ruines dans lesquelles les enfants jouent avec le sable. Le camp de yourtes a été planté aux seules fins d'y accueillir des touristes et les gérants nous convainquent d'y passer la nuit. Avant le dîner, nous partons nous baigner en empruntant une piste sablonneuse. Sur la plage est installé un groupe de jeunes ouzbèkes. Afin de ne pas les envahir, nous poussons plus loin en voiture. Fatale erreur! 50 mètres plus loin, le sable cède sous le poids de la voiture qui s'arrête net. Sensation de choc. Les roues avant sont entièrement englouties dans une boue épaisse. Tout s'enfonce y compris nous-mêmes. Les ouzbèkes arrivent en courant pour nous offrir leur aide. Nous tentons quelques manoeuvres pour nous extirper de ces sables mouvants. Rien n'y fait. La boue est gluante et agit comme une ventouse. Nous creusons; disposons les plaques de désensablement; unissons les forces de notre voiture et de leur camionnette; tirons à l'unisson pendant une bonne heure. La voiture ne fait que s'enfoncer davantage. Face à l'adversité, les très solidaires et sympathiques ouzbèkes s'exclament en coeur : vodka! Et retournant à leur occupation, ils nous invitent à les rejoindre. Il est vrai que nous avions tout essayé et que dans l'intervalle, nous avions joint par téléphone le camp de yourte qui devait arriver à la rescousse avec un tracteur. Les ouzbèkes - qui fêtaient leurs trente ans - prépareront un excellent repas qu'ils partageront avec nous. Mais le coeur n'y est pas en ce qui nous concerne. Le spectacle désolant de notre voiture engloutie nous détourne des festivités. Lorsque finalement nous voyons arriver les gens des yourtes notre espoir est déçu. Ils arrivent à trois, armés de deux pelles. En nous voyant, ils affirment : "Pas problem !". En voyant la voiture, ils s'exclament: "Problem !". C'était déjà la constatation que nous avions faite quelques heures plus tôt... Antoine et l'aide de camp bègue creusent et recreusent la boue épaisse jusqu'à la nuit tombée. Pendant ce temps Julia remonte à pied avec les deux enfants la piste sablonneuse jusqu'à la yourte pendant plus d'une heure dans la nuit; Balthazar dans les bras et Arthur, très courageux malgré son épuisement, marchant à ses côtés. Antoine et le bègue doivent finalement abandonner et laisser la voiture à son triste sort pour la nuit. De retour aux yourtes, l'ambiance est un peu morose quand soudain - nous ne l'attendions plus - le bruit toussoteux du moteur d'un tracteur se fait entendre. Antoine file en caleçon à la rencontre de la machine. C'est la dernière chance. Nous descendons près du lac et ce n'est qu'après une bonne demi-heure de lutte que le lac recrachera notre voiture. Même avec un tracteur nous aurons eu du mal! Mais quelle joie de rouler à nouveau jusqu'aux yourtes!
EN ROUTE POUR BOUKHARA - 11 mai 2009
Nous étions arrivés à Ayaz Kala en voiture blanche, nous repartons avec un gros tas d'argile. Nous avons le projet de ne pas rejoindre Boukhara en une seule traite (environ 8 heures de route) et de camper dans le désert. Aux deux tiers du chemin, nous prenons une piste au hasard et nous installons. Au programme, bonne douche en plein air, sempiternelles pâtes à la sauce tomate (quel plaisir sans cesse renouvelé!) et crêpes pour le petit-déjeuner!
La place centrale du Lyab-i-Haouz nous accueille dans son oasis de fraîcheur ; tables et tapchans (larges banquettes) sont répartis autour du bassin à l'ombre d'arbres vieux comme la ville. En dégustant ce moment de calme, nous décidons de rester plusieurs jours pour prendre du repos. C'est la première fois depuis notre départ de Suisse que nous ne sommes plus contraints par le temps, luxe absolu - voire nécessité vitale - pour un voyageur. La maison d'Akhbar sera notre refuge, magnifique demeure du XIXe dont il a su conserver tout le charme. Sa femme Mastura et son jeune fils Abdul-Aziz adoptent immédiatement nos enfants et nous accueillent très chaleureusement. Arthur et Balthazar seront ravis de trouver un compagnon de jeu! Akhbar est très réputé pour sa riche collection de suzanis que des groupes de touristes viennent admirer dans sa pièce-musée. Antoine sera d'ailleurs réquisitionné pour la photographier entièrement. Le suzani est la pièce maîtresse de l'artisanat ouzbèke : drap de coton ou de soie brodé de motifs colorés spécifiques à chaque région. Le centre ancien de la ville est encore entièrement habité et compte un grand nombre de madrasas et de mosquées. Au IXe et Xe, Boukhara devint la ville sainte de l'islam en Asie centrale et la capitale du Khanat éponyme qui réunissait hommes de sciences, philosophes et poètes avant d'être éclipsée par Samarcande, capitale de Timur (Tamerlan). Les monuments restent vivants par la présence des marchands qui envahissent tous les espaces pour présenter leurs pièces d'artisanat. Si une grande partie de l'activité de la vieille ville tourne autour du tourisme, l'endroit n'en demeure pas moins charmant et, s'agissant d'une très importante ville étape sur la route de la soie, son commerce a toujours dû être tourné vers les gens de passage. D'ailleurs, le très réputé tapis aux motifs dits de Boukhara est en fait originaire et fabriqué au Turkménistan, mais ce sont les boukhariottes qui l'ont fait connaître et commercialisé. Cela étant, comme à Khiva, l'artisanat présenté est d'excellente facture si l'on cherche un peu et il suscite de nombreuses tentations...
La chaleur toride du soleil implacable rappelle à chaque moment que nous sommes à la lisière des deux grands déserts de l'Asie centrale occidentale. Toute l'architecture est destinée à lutter contre la chaleur accablante de l'été et on voit partout femmes et enfants asperger frénétiquement la cour intérieure de leur maison pour les rafraîchir et empêcher la poussière de voler. Nous passons de plus en plus de temps dans la maison où nous profitons du quotidien de nos hôtes. L'Akhbarhouse est sise en bordure du vieux quartier où la plus importante communauté juive d'Asie centrale s'est regroupée depuis des siècles. Nous flânons aussi régulièrement dans ces rues plaisantes pour aller voir un bazar hebdomadaire qui n'a jamais lieu... Bizarre. Nous visitons les très nombreux monuments de la ville au hasard de nos promenades et nous sommes émerveillés. Contrairement à Khiva - et Samarcande, on le sait - les restaurations architecturales de Boukhara n'ont pas tué l'atmosphère de la ville. Séduits, nous prolongeons toujours davantage notre séjour. Sur une terrasse ombragée, nous croisons un jeune homme européen barbu qui gribouille des notes dans un carnet fatigué. Nous faisons connaissance: il s'agit de Reto de Lucerne qui a fait le voyage depuis Istanbul en vélo et en solitaire. Il a le projet de pédaler jusqu'à l'épuisement de son budget à travers la Chine, le Tibet, le Népal, l'Inde et... l'avenir le dira (http://www.far-rider.ch). Nous dîneronsensemble le lendemain et nous prédisons que nos chemins risquent de se croiser à nouveau.
SHAKRISABZ - 18 et 19 mai 2009
Nous quittons Boukhara à regrets par une route agréablement verdoyante et rejoignons les contreforts des immenses chaînes montagneuses qui se dressent à l'est sur notre futur parcours vers le Tadjikistan et la chaîne du Pamir. Les nombreux sommets blancs à moyenne altitude que nous apercevons au loin justifient déjà que l'on s'attarde davantage dans la chaleur estivale de l'Ouzbékistan. Et il y a encore de nombreuses splendeurs à y découvrir. A commencer par Shakrisabz où nous arrivons en fin d'après-midi. C'est la ville de naissance de Timur (ou Tamerlan) qui abritait un immense palais, l'Aq Saray, dont il ne reste que le portail d'entrée. Celui-ci est gigantesque et laisse imaginer la grandeur passée du bâtiment. En tant que fief familial, la ville a aussi conservé plusieurs mausolées timurides (dont la crypte de Timur mais celui-ci avait été inhumé à Samarcande) et une mosquée construite par Ulugh Beg en l'honneur de son père. Nous sommes hébergés dans la famille de Faizoullah, très appliquée à satisfaire les besoins de ses hôtes tout en leur réservant un accueil familial. Nous nous régalons des mets délicieux préparés avec soin. Les enfants s'échangent leurs jouets et leurs cris pour le plus grand plaisir du grand-père ravi d'inventer de nouvelles bêtises avec eux.
BASHIR-SAMARCANDE - 20 au 24 mai 2009
Sur le conseil de Faizoullah, nous partons en excursion dans une vallée proche, jusqu'au village retranché de Bashir. Les yeux des villageois s'écarquillent à notre passage. Sitôt garée au bord de la rivière, la voiture attire les hommes du village, suivis de près par les femmes et quelques enfants. La conversation s'amorce avec des gestes et des mots cherchés dans le lexique qui suffisent à se faire comprendre et à se rencontrer. Les échanges sont très joyeux mais dès que notre repas est prêt, ils se retirent à quelques mètres pour nous laisser déjeuner tranquillement. Peu après, nous sortons notre appareil photo et la petite imprimante pour effectuer des portraits dont ils recoivent aussitôt un tirage. C'est l'ébahissement et l'excitation. Les photos se succèdent jusqu'à tard dans l'après-midi et nous devons nous retenir pour ne pas accepter leurs invitations à demeurer chez eux cette nuit. Nous rembalons nos affaires et prenons congé des très gentils habitants de Bashir. C'est dans une belle lumière de fin de printemps que nous traversons le petit col abrupte qui mène à Samarcande. Nous arrivons dans la pension aménagée autour d'un joli jardin luxuriant que le vieux grand-père soigne avec attention et amour et nous installons. Quelques minutes s'écoulent et une voix familière teintée d'un accent lucernois nous hèle. C'est Reto. Nous partons dîner dans un restaurant pour touristes où nous fumons un Qalion (Shisha, narguileh...). Reto a déjà pas mal sillonné la ville et nous met en garde: Samarcande n'a que peu de restaurants et l'hygiène n'est pas la règle. Effectivement, nous serons tous plus ou moins en délicatesse avec notre ventre durant notre séjour dans la ville mythique!
En fait, Samarcande est aujourd'hui une ville étrange: c'est une ville soviétique assez laide avec des îlots de monuments magnifiques et grandioses. De ce fait, elle ne dégage pas vraiment d'athmosphère. Individuellement, les vestiges de l'ancienne ville de Samarcande sont incomparablement plus beaux que ceux de Boukhara mais la ville dans son ensemble manque singulièrement de charme.
TASHKENT - 24 mai au 4 juin 2009
Depuis Samarcande nous empruntons l'interminable route vers Tashkent. Les paysages changent et l'on se croirait en France. Nous avons le projet d'obtenir à Tashkent les visas tadjik, kirghiz et azéris, ce qui devrait prendre un peu de temps. Tashkent, bien que très ancienne, n'a pas grand chose à montrer de son passé lointain. En revanche, il y règne une véritable athmosphère citadine et nous sommes assez contents de retrouver - pour un temps du moins - les infrastructures de la ville. Les formalités pour obtenir les visas sont rendues pénibles par la désorganisation des consulats qui fonctionnent selon un mode chaotique caractéristique des administrations centre-asiatiques. Cela étant, au bout d'une semaine, nous avons les visas kirghiz et tadjiks en poche et devons attendre l'approbation de notre lettre d'invitation par le ministère des affaires étrangères azéri avant de pouvoir demander notre visa. La procédure traîne longuement en raison d'une restructuration du ministère à Bakou. Le document n'arrivera finalement jamais et nous devrons faire faire ce visa ailleurs. Dans l'intervalle, Balthazar l'intrépide, se coupe méchamment la main en tombant sur un verre au bord de la piscine. Bilan: quatre points de suture et des visites quotidiennes à la clinique pour changer les bandages pendant une semaine. Il a été très courageux et a été cousu à vif. Pour le réconfort de chacun, nous allons dîner tour à tour dans le meilleur restaurant italien et japonais de la ville et c'est un régal! Nous retrouverons également Rafaël et Aurélie que nous avions rencontrés à Khiva pour un déjeuner à l'IFRAC (Institut français pour la recherche sur l'Asie centrale) où nous aurons droit à un excellent plov en compagnie très sympathique de chercheurs expatriés spécialistes de la région.
Retour à SAMARCANDE - 5 juin 2009
Notre visa ouzbek expire demain et nous faisons un halte à Samarcande avant de traverser la frontière tadjike toute proche. A peine arrivés à Antica, nous entendons la voix de notre ami Reto qui nous précède dans la ville une nouvelle fois après s'être rendu sur l'ancienne côte de la Mer d'Aral en Karakalpakie, au nord-ouest de l'Ouzbékistan. Le public de la pension est ce soir presque exclusivement composé de voyageurs au long cours: un couple de motards reliant l'Europe depuis Beijing, un autre couple parti d'Allemagne pour rejoindre la Mongolie à deux sur une moto et qui ont beaucoup souffert sur les routes épouvantables du Kazakhstan (nous voilà prévenus!), un cycliste allemand ayant traversé toute la Chine, Reto et nous. Il y a aussi un étudiant franco-britannique d'Oxford récemment expulsé d'Iran qui termine son semestre d'études sur l'Iran au Tadjikistan, une jeune française revenant du Rajastan à la recherche de réfugiés afghans et deux belges à vélo, Geerd et Dries, qui ont le projet ambitieux de relier Samarcande à Almaty en traversant à vélo le Tadjikistan par le Pamir ainsi que le Khirgizistan. Le lendemain, chacun d'entre nous repart suivre le cours de son voyage, certains à l'est, d'autres à l'ouest.