VOYAGER EN FAMILLE
Quand nous avons pris la décision de partir, Arthur était un petit garçon de trois ans et Balthazar un nourisson. Le cadre était donc posé : voyager en famille , car il nous était inconcevable de laisser nos deux enfants en Europe et ne pas partager leur quotidien pendant le temps d’un long périple.
Le voyage dans son ensemble a été conçu selon les limites qu’impose la présence de deux très jeunes garçons sur les routes du monde.
Il est évident que des enfants naissent partout dans le monde et qu’ils grandissent sous tous les climats ; il n’en demeure pas moins que nous avions le souci de ne pas les dégoûter dès leur premier voyage et encore moins l’envie de mettre leur santé en danger.
La « Route de la soie » nous parraissait remplir ces critères : politique stable et sécuritaire (c’est le seul avantage des dictatures…) et peu de maladies (notamment le paludisme quasi inexistant). Quant au climat continental désertique, il était maîtrisable tant qu’on respectait les saisons.
La présence de nos enfants a aussi renforcé l’idée de voyager en voiture : d’une part, pour transporter le matériel et être libre de nos déplacements, mais également parce qu’elle était un repère pour eux, une sorte de garant de stabilité lorsque nous changions chaque soir de lieu d’habitation.
La cabine arrière était leur domaine : nous leur avions installé des cartables dont l’avant se rabattait pour se transformer en petit secrétaire où ils pouvaient dessiner et/ou jouer. Leurs sièges d’enfants étaient suffisamment hauts pour qu’ils puissent bien voir par la fenêtre et les fenêtres arrières recouvertes d’un film protection contre le soleil (contre l’éblouissement et la chaleur). À leurs pieds, une caisse de jouets et, en cas d’urgence, un petit lecteur de DVD capable de lire des formats de films improbables. Bref, un capharnaüm qui ressemblait à une chambre d’enfant…
Du point de vue médical, nous avions une caisse entière de bandages, de médicaments et de poudres de réhydratation en tous genres. Nous n’avons jamais vraiment eu à l’ouvrir. Tant mieux.
Quant au voyage lui-même, il est utopique de penser que les enfants changent ! Et c’est aussi cela qui leur confère leur fantastique capacité d’adaptation. Ils savent vivre au présent et profiter de chaque instant. Dans l’adversité, ils voient toujours le côté positif et contribuent à remonter le moral de la troupe.
De plus, ils sont toujours bien accueillis parce qu’en dehors de l’Europe, les gens adorent les enfants et leur pardonnent à peu près tout !
Il est vrai que notre couple a souffert quelque peu de la promiscuité constante mais elle nous a aussi contraints à ré-apprendre à vivre tous ensemble…
Nous ne pouvions pas imposer un rythme trop soutenu à nos garçons ; ils ont cependant supporté patiemment les longs trajets, et courageusement les aléas que peut apporter l’inconnu lors d’un telle aventure. De notre côté, nous n’avons pas toujours pu visiter les sites que nous abordions, ou passer plus de temps avec les gens que nous rencontrions.
Voici quelques objets qui nous ont paru indispensables pour voyager avec les enfants :
Cela étant, nous avions emporté beaucoup trop de matériel inutile et nous sommes délestés au fur et à mesure du chemin.